Tahiti - L'Union Plurielle rentre à tahiti !
Round 108 : Retour à Tahiti de la délégation de "l'Union plurielle"
Pour Nicole Bouteau, (No oe e te Nunaa), les discussions avec le ministère de l'Outre mer "sont terminées". Philip Schyle (Fetia Api) est plus mesuré. Ils déclarent tous deux préparer les élections partielles aux îles du Vent du mois de février. Resté à Paris pour raisons médicales, le chef de file de "l'Union plurielle" Oscar Temaru est attendu en fin de semaine à Tahiti.
"Ca a été un déplacement instructif à l'invitation du ministre de l'Outre mer. Mais, dès le premier jour, malgré nos demandes répétées, nous nous sommes aperçus que la ministre n'avait aucune feuille de route, aucun ordre du jour précis. Le seul point dont nous avons l'assurance aujourd'hui, c'est qu'il y avait une volonté et de la part de Gaston Flosse et de son équipe et de la ministre de nous amener vers une voie unique, celle d'un retour aux urnes général pour l'ensemble des électeurs mais par une modification de la loi organique portant sur le mode de scrutin", a déclaré Nicole Bouteau à son arrivée à Tahiti.
"Notre position sur la dissolution de l'Assemblée a été balayée uniquement sur un argumentaire lié à l'alinéa 1 de l'article 157 du statut d'autonomie. Notre proposition de modification de la loi organique, sur la base de l'article 107, à partir du moment où l'Assemblée est composée de moins de la moitié de ses élus, a aussi été rejetée parce qu'on nous a dit que le Conseil constitutionnel sanctionnerait de telles modifications", a-t-elle regretté.
Pour Nicole Bouteau, la modification du mode de scrutin, à laquelle s'opposeraient plusieurs personnalités politiques de métropole, dont le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, est un "tripatouillage' électoral".
"Nous regrettons que les négociations aient pris fin du fait de Gaston Flosse sous prétexte d'occupation de la Présidence. Je crois qu'il avait la volonté de mettre fin à ces négociations. Pour ma part, et là je parle à titre personnel, les négociations sont terminées", a-t-elle ajouté, avant de préciser: "Nous avons une écheance électorale avec une date précise, le 13 février. Nous allons nous y préparer".
Préparer les écheances électorales
Philip Schyle, du Fetia Api, est lui aussi revenu sur les négociations engagées à Paris avec le ministre de l'Outre-mer, Brigitte Girardin: "En ce qui nous concerne, c'est M. Flosse qui a claqué la porte des négociations. Nous avons souhaité rencontrer Madame Girardin le jour où M. Flosse prenait l'avion pour Tahiti mais elle n'a pas souhaité nous rencontrer. Elle a estimé que dès lors que M. Flosse avait claqué la porte des négociations, il était inutile d'organiser cette rencontre. Ceci dit, nous avons appris par la suite qu'elle estimait que c'était uniquement une suspension et que la porte des négociations était toujours ouverte".
Le chef de file du Fetia Api n'a pas semblé favorable à l'idée de repartir en métropole pour de nouvelles négociations, en soulignant qu'il avait fait le déplacement en métropole, deux fois déjà en quinze jours, et "alors qu'il y a une écheance électorale en février". (ndlr, suite à l'annulation des élections aux îles du Vent par le Conseil d'Etat, le mois dernier).
"J'ai entendu dire que Brigitte Girardin pourrait venir à Tahiti. Pourquoi pas? Mais à condition que l'on ne perde pas de temps, premièrement, et il faut aussi qu'elle arrête de parler de la réforme du scrutin comme elle l'a fait pendant tout notre séjour à Paris", a déclaré Philip Schyle pour qui la dissolution de l'Assemblée reste "la seule réponse possible".
"Visiblement, il n'y a pas de volonté politique du gouvernement central de nous accorder cette dissolution. On a voulu nous mener vers une discussion juridique qui a pour pivot principal la réforme du mode de scrutin. Nous n'en voulons pas, car c'est pour nous un deuxième tripatouillage après celui effectué il y a un an", a estimé Philip Schyle.